1. Lottery [Skit]
2. Think We Got A Problem (ft. Bun B & The Game) [Produced By DJ B-Roc]
3. Keep Pushin' (ft. Mike Smith) [Produced By Joshua Marcus]
4. Good Love [Produced By Red Spyda]
5. D-Block/Dipset (ft. Styles P, Jadakiss, Hell Rell & Jim Jones) [Produced By Mr. Devine]
6. We At War [Produced By Street Runner]
7. Scrap To This [Produced By Vinny Idol]
8. Don't Be Them [Produced By Doc Little]
9. Gettin' Stronger (ft. Styles P & Jadakiss) [Produced By Soul-G]
10. That's A Soldier [Produced By Vinny Idol]
11. What What (ft. Bully) [Produced By Dame Grease]
12. We Comin' (ft. UNK) [Produced By DJ Montay]
13. Crowd [Skit]
14. We Spray Crowds [Produced By Mr. Devine]
15. Rubber Grip (ft. Fat Joe & Styles P) [Produced By J. Cardim]
16. 2 Turntables & A Mic [Produced By Red Spyda]
17. Mic Check [Produced By Vinny Idol]
18. Go Hoodlums [Produced By Vinny Idol]
Une fois passé une intro sans aucun intérêt, on entre directement dans le vif du sujet avec "Think We Got A Problem". Sheek a su bien s'entourer, puisque The Game et Bun B sont de la partie. Sur un "move-the-crowd beat" de DJ B-Roc, Sheek ne se laisse pas engloutir par ses invités qui délivrent malgré tout de grosses perfs, surtout The Game. Avec "Keep Pushin'" on a l'alliance réussie entre du son street et du mainstream. Le beat est street, mais reste accessible pour un non-initié, Mike Smith délivre un refrain chanté accrocheur et Sheek Louch reste fidèle à lui-même. Un morceau vraiment pas mal, mis en scène par Joshua Marcus. "Good Love", le premier single, est ce que j'appellerai un pot de confiture street. Alors ne vous y trompez pas, il n'y a rien de R&B là dedans, mais le beat de Red Spyda est doux. C'est tout tranquille, même Sheek n'est pas aussi énervé qu'à l'habitude. C'est en fait le morceau relax de l'album. Ca sonne bien, mais ça fait malgré tout un peu tâche sur un album aussi rough. Mais Sheek revient vite au Rap hardcore avec une connection entre D-Block et Dipset. Ca s'appelle tout simplement "D-Block/Dipset" et on peut dire que ça sent NYC à plein nez. On y retrouve les deux autres membres de D-Block, Styles P et Jadakiss, ainsi que deux représentants du Dipset, Jim Jones et Hell Rell. La prod' de Mr. Devine est hardcore, les flows et lyrics des Emcees sont hardcores, bref c'est hardcore. Sur "We At War" on trouve une nouvelle connection, cette fois ci c'est entre le Reggae et le Rap. Le beat tend bien sûr vers du street pur et dur, mais on retrouve un refrain samplé d'un Reggaeman. La prod' de Street Runner mixe en fait des sons jamaicains avec du béton new-yorkais, le résultat est réussi. "Scrap To This" est assez difficile à définir. Le beat réalisé par Vinny Idol est en fait assez haut en couleurs. C'est festif, les instruments sont organiques et l'ambiance globale est assez plaisante et pas du tout rough. C'est appréciable et ça coupe un peu l'atmosphère hardcore de "Silverback Gorilla". "Don't Be Them" ne nous replonge pas directement dans des sons bruts, disons qu'il sert de transition. Sheek pose bien sûr des lyrics toujours aussi tranchantes, mais le beat est pas aussi hardcore que sur la majorité des titres de l'album. Doc Little a donc réussi à refaire monter l'ambiance tranquillement grâce à sa prod' et permi à Sheek de se réserver pour la grosse bombe qui arrive. Cette bombe se nomme "Gettin' Stronger" et on retrouve réunis les Lox au grand complet. Ce morceau en fout vraiment plein les amplis. La puissance des trois Emcees est déjà impressionante en solo, mais quand ils sont ensemble tout est détruit sur leur passage. Soul-G, quant à lui, fait un boulot remarquarble à la prod' de ce street banger. "That's A Soldier" est l'hymne guerrier par excellence. Vinny Idol produit ici un beat de warrior et bien sûr ça va à merveille à Sheek qui peut rester dans sa ligne de conduite lyricale. Ligne de conduite qu'il prolonge sur le surpuissant et cinématographique "What What". La prod' de Dame Grease est magnifique, c'est le seul mot qui peut lui rendre justice. Aux côtés de Sheek, on retrouve Bully, qui avait déjà fait une apparation sur le dernier album de Styles P, et on peut dire qu'il porte vraiment bien son nom. Et puisque la pression est au maximum, autant la maintenir avec "We Comin'". L'invité présent sur ce titre est surprenant puisqu'il s'agit de UNK (jdlr: Mr. "Walk It Out"). Pour être honnête, je dois dire que que la perf' de UNK m'a surpri puisqu'elle est de qualité. Sur un beat à l'ambiance inquiétante de DJ Montay, les deux Emcees mettent le feu et ça fait du bien. "We Spray Crowds" reste dans l'optique hardcore de l'album et c'est Mr. Devine qui revient s'occuper de la prod'. Une ambiance dirty comme on peut en recontrer dans certains quartiers de New York permet à Sheek de cracher ses trippes comme il a l'habitude de faire. C'est un morceau dont on pourrait dire qu'il est phat. Et on reste dans le phat avec "Rubber Grip". Si la connection strictement NYC composée de Sheek/Styles P/Fat Joe est bien là, c'est sur un gros beat synthétique à la mode houstonite réalisé par J. Cardim que les trois rappeurs doivent poser. On retrouve un refrain screwed & chopped et un Styles P en super grande forme qui surpasse ses deux partenaires. On retourne aux fondamentaux avec "2 Turntables & A Mic". Le beat de Red Spyda est un mélange entre sonorités old et new school et ça sonne plutôt pas mal. Sheek ne retrace pas ici l'Histoire du Hip-Hop, mais reste bel et bien dans ses thèmes de prédiléctions et garde sa rage habituelle. Mais avec "Mic Check", Sheek met un peu d'eau dans son vin niveau flow enragé et devient un peu plus profond lyricalement. Sur un beat mélancolique de Vinny Idol, Sheek Louch dresse un portrait du Hip-Hop actuel, de la nouvelle génération et des anciens qui essayent de faire comme les jeunes. Un trés beau titre qui vient vraiment insuffler une petite touche différente à "Silverback Gorilla". Et pour terminer l'album, Sheek a voulu nous pondre un street banger. "Go Hoodlums" n'a d'autres prétentions que de conclure cet album en beauté avec du son qui va faire danser les gangstas, même si on sait bien que les "gangstas don't dance". C'est encore une fois Vinny Idol qui s'occupe du beat et ça donne ma foi une fort belle conclusion.
Pour répondre à la question que j'avais posée, je vais bien sûr dire que oui, Sheek Louch nous a une fois de plus livré un album brut de décofrage. Quiconque connîssant un tant soit peu Sheek Louch ne pouvait en douter. Son premier single, "Good Love", pouvait un peu brouiller les pistes, mais au final "Silverback Gorilla" est tout simplement rough. J'ai envie de dire que Koch n'est peut être pas un graveyard comme l'ami 50 Cent avait tendance à le dire. Depuis que Sheek est "distribué" par ce label, ses albums sont vraiment street. Il en va de même pour son compère Styles P qui a signé un album hardcore sur Koch avec "Super Gangster (Extraordinary Gentleman)" alors que ses deux précédentes livraisons chez Interscope était beaucoup plus formatées. Pour en revenir à Sheek, on a l'impression qu'il a trouvé le terrain de jeu idéal pour exprimer sa rage et pour nous délivrer des sons sortis tout droit des rues de Yonkers. Sheek n'est pas un trés grand rappeur, mais c'est un rappeur qui a un charisme et un flow qui font qu'il ne passe pas inapperçu. "Silverback Gorilla" n'est pas un trés grand album, mais c'est un album qui reflète une réalité, celle des rues de NYC, et qui met en évidence une émotion, la rage de vaincre.
Prods: ■■■■■ [4/5]
Flow: ■■■■■ [4/5]
Cohésion: ■■■■■ [4/5]
Artwork: ■■■■■ [3/5]
Résultat: ■■■■■ [4/5]



