Sheek Louch - Silverback Gorilla

Sheek Louch - Silverback Gorilla
Sheek Louch - Silverback Gorilla:

1. Lottery [Skit]
2. Think We Got A Problem (ft. Bun B & The Game) [Produced By DJ B-Roc]
3. Keep Pushin' (ft. Mike Smith) [Produced By Joshua Marcus]
4. Good Love [Produced By Red Spyda]
5. D-Block/Dipset (ft. Styles P, Jadakiss, Hell Rell & Jim Jones) [Produced By Mr. Devine]
6. We At War [Produced By Street Runner]
7. Scrap To This [Produced By Vinny Idol]
8. Don't Be Them [Produced By Doc Little]
9. Gettin' Stronger (ft. Styles P & Jadakiss) [Produced By Soul-G]
10. That's A Soldier [Produced By Vinny Idol]
11. What What (ft. Bully) [Produced By Dame Grease]
12. We Comin' (ft. UNK) [Produced By DJ Montay]
13. Crowd [Skit]
14. We Spray Crowds [Produced By Mr. Devine]
15. Rubber Grip (ft. Fat Joe & Styles P) [Produced By J. Cardim]
16. 2 Turntables & A Mic [Produced By Red Spyda]
17. Mic Check [Produced By Vinny Idol]
18. Go Hoodlums [Produced By Vinny Idol]


Au milieu de cette vague de Rap sudiste et expérimental, il en fallait bien un qui ramène les ambiances sombres des ghettos de NYC en ce mois de Mars. Et qui de mieux pour faire ça que Sheek Louch. Sheek est le tiers d'un des meilleurs groupes de Rap au monde, The Lox, en compagnie des excellents Jadakiss et Styles P. Sheek n'en est pas à son coup d'essai en solo puisqu'il a déjà sorti deux albums, "Walk Witt Me" en 2003 et "After Taxes" en 2005. Avec ce "Silverback Gorilla" Sheek Louch égale son cammarade Styles P au niveau des albums solos. Jadakiss, pourtant considéré un temps comme le leader, n'en est lui qu'à deux et tarde à sortir le troisième. Quand on se met un album de Sheek Louch entre les oreilles, on doit s'attendre à du brut de décofrage, à du son rough tout droit sorti des rues de Yonkers. Ceci est vrai pour ses deux premiers albums, mais est-ce le cas pour ce "Silverback Gorilla" ?

Une fois passé une intro sans aucun intérêt, on entre directement dans le vif du sujet avec "Think We Got A Problem". Sheek a su bien s'entourer, puisque The Game et Bun B sont de la partie. Sur un "move-the-crowd beat" de DJ B-Roc, Sheek ne se laisse pas engloutir par ses invités qui délivrent malgré tout de grosses perfs, surtout The Game. Avec "Keep Pushin'" on a l'alliance réussie entre du son street et du mainstream. Le beat est street, mais reste accessible pour un non-initié, Mike Smith délivre un refrain chanté accrocheur et Sheek Louch reste fidèle à lui-même. Un morceau vraiment pas mal, mis en scène par Joshua Marcus. "Good Love", le premier single, est ce que j'appellerai un pot de confiture street. Alors ne vous y trompez pas, il n'y a rien de R&B là dedans, mais le beat de Red Spyda est doux. C'est tout tranquille, même Sheek n'est pas aussi énervé qu'à l'habitude. C'est en fait le morceau relax de l'album. Ca sonne bien, mais ça fait malgré tout un peu tâche sur un album aussi rough. Mais Sheek revient vite au Rap hardcore avec une connection entre D-Block et Dipset. Ca s'appelle tout simplement "D-Block/Dipset" et on peut dire que ça sent NYC à plein nez. On y retrouve les deux autres membres de D-Block, Styles P et Jadakiss, ainsi que deux représentants du Dipset, Jim Jones et Hell Rell. La prod' de Mr. Devine est hardcore, les flows et lyrics des Emcees sont hardcores, bref c'est hardcore. Sur "We At War" on trouve une nouvelle connection, cette fois ci c'est entre le Reggae et le Rap. Le beat tend bien sûr vers du street pur et dur, mais on retrouve un refrain samplé d'un Reggaeman. La prod' de Street Runner mixe en fait des sons jamaicains avec du béton new-yorkais, le résultat est réussi. "Scrap To This" est assez difficile à définir. Le beat réalisé par Vinny Idol est en fait assez haut en couleurs. C'est festif, les instruments sont organiques et l'ambiance globale est assez plaisante et pas du tout rough. C'est appréciable et ça coupe un peu l'atmosphère hardcore de "Silverback Gorilla". "Don't Be Them" ne nous replonge pas directement dans des sons bruts, disons qu'il sert de transition. Sheek pose bien sûr des lyrics toujours aussi tranchantes, mais le beat est pas aussi hardcore que sur la majorité des titres de l'album. Doc Little a donc réussi à refaire monter l'ambiance tranquillement grâce à sa prod' et permi à Sheek de se réserver pour la grosse bombe qui arrive. Cette bombe se nomme "Gettin' Stronger" et on retrouve réunis les Lox au grand complet. Ce morceau en fout vraiment plein les amplis. La puissance des trois Emcees est déjà impressionante en solo, mais quand ils sont ensemble tout est détruit sur leur passage. Soul-G, quant à lui, fait un boulot remarquarble à la prod' de ce street banger. "That's A Soldier" est l'hymne guerrier par excellence. Vinny Idol produit ici un beat de warrior et bien sûr ça va à merveille à Sheek qui peut rester dans sa ligne de conduite lyricale. Ligne de conduite qu'il prolonge sur le surpuissant et cinématographique "What What". La prod' de Dame Grease est magnifique, c'est le seul mot qui peut lui rendre justice. Aux côtés de Sheek, on retrouve Bully, qui avait déjà fait une apparation sur le dernier album de Styles P, et on peut dire qu'il porte vraiment bien son nom. Et puisque la pression est au maximum, autant la maintenir avec "We Comin'". L'invité présent sur ce titre est surprenant puisqu'il s'agit de UNK (jdlr: Mr. "Walk It Out"). Pour être honnête, je dois dire que que la perf' de UNK m'a surpri puisqu'elle est de qualité. Sur un beat à l'ambiance inquiétante de DJ Montay, les deux Emcees mettent le feu et ça fait du bien. "We Spray Crowds" reste dans l'optique hardcore de l'album et c'est Mr. Devine qui revient s'occuper de la prod'. Une ambiance dirty comme on peut en recontrer dans certains quartiers de New York permet à Sheek de cracher ses trippes comme il a l'habitude de faire. C'est un morceau dont on pourrait dire qu'il est phat. Et on reste dans le phat avec "Rubber Grip". Si la connection strictement NYC composée de Sheek/Styles P/Fat Joe est bien là, c'est sur un gros beat synthétique à la mode houstonite réalisé par J. Cardim que les trois rappeurs doivent poser. On retrouve un refrain screwed & chopped et un Styles P en super grande forme qui surpasse ses deux partenaires. On retourne aux fondamentaux avec "2 Turntables & A Mic". Le beat de Red Spyda est un mélange entre sonorités old et new school et ça sonne plutôt pas mal. Sheek ne retrace pas ici l'Histoire du Hip-Hop, mais reste bel et bien dans ses thèmes de prédiléctions et garde sa rage habituelle. Mais avec "Mic Check", Sheek met un peu d'eau dans son vin niveau flow enragé et devient un peu plus profond lyricalement. Sur un beat mélancolique de Vinny Idol, Sheek Louch dresse un portrait du Hip-Hop actuel, de la nouvelle génération et des anciens qui essayent de faire comme les jeunes. Un trés beau titre qui vient vraiment insuffler une petite touche différente à "Silverback Gorilla". Et pour terminer l'album, Sheek a voulu nous pondre un street banger. "Go Hoodlums" n'a d'autres prétentions que de conclure cet album en beauté avec du son qui va faire danser les gangstas, même si on sait bien que les "gangstas don't dance". C'est encore une fois Vinny Idol qui s'occupe du beat et ça donne ma foi une fort belle conclusion.

Pour répondre à la question que j'avais posée, je vais bien sûr dire que oui, Sheek Louch nous a une fois de plus livré un album brut de décofrage. Quiconque connîssant un tant soit peu Sheek Louch ne pouvait en douter. Son premier single, "Good Love", pouvait un peu brouiller les pistes, mais au final "Silverback Gorilla" est tout simplement rough. J'ai envie de dire que Koch n'est peut être pas un graveyard comme l'ami 50 Cent avait tendance à le dire. Depuis que Sheek est "distribué" par ce label, ses albums sont vraiment street. Il en va de même pour son compère Styles P qui a signé un album hardcore sur Koch avec "Super Gangster (Extraordinary Gentleman)" alors que ses deux précédentes livraisons chez Interscope était beaucoup plus formatées. Pour en revenir à Sheek, on a l'impression qu'il a trouvé le terrain de jeu idéal pour exprimer sa rage et pour nous délivrer des sons sortis tout droit des rues de Yonkers. Sheek n'est pas un trés grand rappeur, mais c'est un rappeur qui a un charisme et un flow qui font qu'il ne passe pas inapperçu. "Silverback Gorilla" n'est pas un trés grand album, mais c'est un album qui reflète une réalité, celle des rues de NYC, et qui met en évidence une émotion, la rage de vaincre.


Notes:

Lyrics: ■■■■■ [3/5]
Prods: ■■■■[4/5]
Flow: ■■■■[4/5]
Cohésion: ■■■■[4/5]
Artwork: ■■■■■ [3/5]
Résultat: ■■■■[4/5]


# Posté le lundi 17 mars 2008 23:17
Modifié le samedi 10 mai 2008 14:12

Lil Wayne (ft. Static Major) - Lollipop

Lil Wayne (ft. Static Major) - Lollipop

"Tha Carter III" est sans conteste un des albums les plus attendus de l'année. Weezy a pris une autre dimension ces derniers temps et les attentes le concernant sont grandes. Depuis quelques temps, on nous annonçait le premier single, "Lollipop". La présence de Static Major (R.I.P.) au feat pouvait laisser présager un titre R&B mielleux au possible et ça m'aurait pas franchement emballé. Alors il est vrai que ce titre n'est pas un pur morceau de Rap, mais le résultat est bien loin du titre à la confiture que je sentais venir. Déjà, je sais que certains ont été déçus et que d'autres ont beaucoup apprécié, moi je fais partie de la seconde catégorie. Alors avant que l'on crie au scandale, laissez moi vous expliquer les raisons qui me font dire que "Lollipop" est un bon titre. C'est vrai qu'en ce moment le Rap tourne en rond et que les copier-coller sont légions. Dans le cas du principe de "Lollipop", c'est-à-dire utiliser le vocoder (ou auto tune device) pour modifier sa voix, on peut pas dire que ça soit quelque chose de saturé. T-Pain est en place depuis trois ans et avant lui peu de rappeurs utilisaient le principe aussi activement. Ensuite il y a eu le "Sexual Eruption" de Snoop qui lui se rapprochait plus des Roger Troutman et consor que de T-Pain. Arrive maintenant Weezy avec son "Lollipop" (jdlr: il semblerait que "Lollipop" ait été enregistré peu avant "Sexual Eruption") et je trouve ce choix audacieux. Ce single est clairement destiné à séduire d'abord la gente féminine et pour ça il aurait été beaucoup plus aisé de basculer dans la "pot de confiture attitude" que de pondre un titre boosté au vocoder. C'est vrai qu'il y a pas vraiment d'audace à reproduire ce qui marche pour un Billboard killer comme T-Pain, mais là ou est l'audace c'est dans le fait de prendre le risque de s'éloigner de la base des hardcore hip-hoppers le temps d'un morceau. Le titre n'est pas mielleux, il est hypnotique, et moi je préfère mille fois ça. Weezy peut faire cinquante titres comme ça, moi j'accrocherai toujours. Le fait que j'adore ce titre vient peut-être de mon état d'esprit du moment. Il y a quelques temps je voulais des sons rough, en ce moment j'ai besoin de morceaux plus légers qui me fassent m'évader. J'ai pris conscience d'une chose ces derniers temps, il n'y a pas de mauvais courrants rappologiques, il y a de mauvais rappeurs. La Snap peut paraître être un genre affligeant quand elle est faite par un Soulja Boy, mais elle peut sonner beaucoup mieux quand un expert s'en occupe (j'ai pas de nom en tête). Dans le Rap il en faut pour tous les goûts et toutes les humeurs, il en faut pour Skorp Vader, Skull Bone Skorp Lee et Tha Riddlah (ceux qui me connaîssent savent ce que je veux dire). "Lollipop" prend le parti d'un Rap léger et sans prise de tête et c'est comme ça qu'il faut prendre le truc. Ce qu'il faut se dire c'est que Lil Wayne est un caméléon et que "Tha Carter III" ne sera pas composé d'une vingtaine de "Lollipop". Wayne a fait un pari avec ce morceau, à vous de définir si il est réussi ou pas.

J'en viens maintenant à l'analyse pûrement technique du titre. A la prod' de "Lollipop" on retrouve un duo composé de Deezle et Jim Jonsin et je dois dire que leur boulot est plus que correct. Sur fond de synthé', on a droit à un beat assez phat. Le tout est adouci par un refrain de feu Static Major de trés bonne facture. L'effet apporté par le vocoder vient ajouter une dimension nouvelle au morceau. Lyricalement parlant on peut pas dire que ce soit d'une originalité débordante, mais je trouve la métaphore de la sucette plutôt bien ficelée. En effet, c'est un peu plus recherché de dire "she lick me like a lollipop" que de dire "she suck my fuckin' dick". Alors c'est vrai que dans le fond c'est la même chose, mais la forme est autrement plus fleurie. Je vais d'ailleurs citer un passage de l'article du dernier Rap US consacré à Weezy: "Lil Wayne ramène le Rap au top de sa forme et la forme au top du Rap". C'est surtout la deuxième partie de la citation que je trouve la plus appropriée. En bref, il ne fait nul doute que "Lollipop" va tourner pendant un petit moment et qu'il se pourrait même que le Billboard Hot 100 devienne sa nouvelle maison.
Pour ce qui est du clip, j'avoue apprécier le produit fini. C'est vrai que l'on pourra toujours reprocher le manque d'originalité du concept, mais ce qu'on regarde d'abord dans un clip, c'est la forme avant le fond. Plutôt que d'énumérer ce qui ne m'a pas plu dans le clip, je vais vous énoncer les passages que j'ai appréciés. J'aime bien le début, quand Static et Weezy se préparent. Weezy est toujours aussi délirant. Le coup du club à roulettes est pas trés original, mais le côté "funny guy" de Lil Wayne fait passer le tout. Tout le long du clip on le voit faire le con sur le toit de ce dit club à roulettes qui se promène dans les rues illuminées de Vegas. Weezy en profite pour tater la guitare électrique et je suis sûr qu'il en joue aussi bien que moi je joue du violoncelle (^^). Niveau cameos, on a bien sûr droit à l'inévitable Birdman et je suis à 99% certain d'avoir vu Mack 10 (jdlr: il a un temps été signé sur Cash Money). On peut également noter avec tristesse que ce clip est la dernière apparition de Static Major (R.I.P.). Voilà, je pense que j'ai tout dit, donc à vous maintenant de vous faire une opinion sur le titre et son clip.


Notes:

Track:

Lyrics: ■■■■■ [3/5]
Prod: ■■■■■ [5/5]
Flow: ■■■■[4/5]
Résultat: ■■■■■ [5/5]



Video:

Concept: ■■■■■ [3/5]
Style: ■■■■■ [5/5]
Originalté: ■■■■■ [3/5]
Résultat: ■■■■[4/5]


[10] [20]

[1700]
# Posté le vendredi 14 mars 2008 10:11
Modifié le samedi 10 mai 2008 14:14

Snoop Dogg - Ego Trippin

Snoop Dogg - Ego Trippin
Snoop Dogg - Ego Trippin:

1. A Word Witchya! (Intro) [Produced By Terrace Martin]
2. Press Play [Produced By DJ Quik]
3. SD Is Out [Produced By Teddy Riley]
4. Gangsta Like Me [Produced By Teddy Riley]
5. Neva Have 2 Worry [Produced By Niggaracci]
6. Sexual Eruption [Produced By Shawty Redd]
7. Life Of Da Party (ft. Too Short & Mistah F.A.B.) [Produced By Scoop DeVille]
8. Waste Of Time (ft. Raphael Saadiq) [Produced By Raphael Saadiq]
9. Cool [Produced By Teddy Riley]
10. Sets Up [Produced By The Neptunes]
11. Deez Hollywood Nights [Produced By Nottz]
12. Whateva U Do [Produced By Khao]
13. Staxxx In My Jeans [Produced By Rick Rock]
14. Been Around Tha World [Produced By Niggaracci]
15. Let It Out [Produced By Teddy Riley]
16. My Medicine [Produced By Everlast]
17. Ridin' In My Chevy [Produced By Scoop DeVille]
18. Those Gurlz [Produced By DJ Quik & Teddy Riley]
19. One Chance (Make It Good) [Produced By Frequency]
20. Why Did You Leave Me [Produced By Hitboy & Polow Da Don]
21. Can't Say Goodbye (ft. Charlie Wilson) [Produced By Teddy Riley]


Cet homme accroupi devant une voiture n'est, je pense, plus à présenter. Mais pour les trés rares qui ne le connaîtraient pas, il s'agit de celui qui répondait au nom Snoop Doggy Dogg, mais que l'on connaît plus aujourd'hui sous le nom de Big Snoop Dogg, voire plus simplement Snoop Dogg. Avec ce "Ego Trippin", Snoop délivre son neuvième album solo en quinze ans, ce qui nous prouve que Doggy Dogg traverse les ages et les modes sans jamais disparaître. Ces derniers temps, Snoop partageait son temps entre Gangsta Rap et R&B, que ce soit sur ses albums ou sur ceux des autres. A peu pré vers Novembre dernier, il nous a lâché un ovni du nom de "Sexual Eruption" (ou "Sensual Seduction" pour les médias puritains) qui nous a laissé assez perplexe. Le titre n'est pas mauvais en soi, c'est même un excellent single, mais la peur de voir Snoop sortir un album contenant une vingtaine de "Sexual Eruption" commençait à nous envahir. Personnellement, je me disais que je n'allais pas aimer "Ego Trippin" et que Snoop allait partir dans des délires trop excentriques pour moi, et pourtant j'aime l'originalité. Alors est-ce que mes craintes se sont avérées être fondées ou est-ce que Snoop nous préparait en fait une excellente surprise ? Réponse dans les prochaines lignes.

On constatera dans un premier temps que Teddy Riley est un des artisans sonores majeurs de ce "Ego Trippin". D'ailleurs, l'exécutif est pris en charge par le collectif QDT (soit Quik Dogg Teddy). Au niveau de la tracklist, on se retrouve avec vingt titres plus une intro ce qui est assez conséquent et risqué. Sur l'intro, nommée "A Word Witchya!", Snoop nous explique le pourquoi du comment de cet album et espère que nous allons l'apprécier. Le vrai son commence avec "Press Play", titre assez festif qui donne le ton d'entrée. La prod' est signée DJ Quik et on reconnaît la touche de Snoop sur ce titre. Sur "SD Is Out" on a droit à un titre plutôt hypnotique avec un petit refrain au vocoder et un beat qui rappelle un peu "Drop It Like It's Hot" par moment. C'est la première des nombreuses prods de Teddy Riley et j'avoue que je suis convaincu. "Gangsta Like Me" est un de mes morceaux préférés de "Ego Trippin". On a encore droit à une prod de Teddy Riley, toujours hypnotique mais cette fois aux sonorités orientales. Sur ce qui est de la perf' de Snoop, il est égal à lui-même et ça passe plus que bien. "Neva Have 2 Worry" est une des autres bombes de l'album. Sur une prod sombre et mélancolique de Niggaracci, (le collectif de producteurs dont fait partie Snoop) Doggy Dogg refait le film de sa carrière et ça se laisse écouter sans jamais décrocher. Là on arrive au premier single qui a fait beaucoup parler, "Sexual Eruption". Teddy Riley s'occupe de la prod' et des lyrics des parties chantées et le résultat est vraiment surprenant. C'est une sorte de morceau funky dans lequel Snoop chante et rappe (c'est du 70/30) et utilise le vocoder pour modifier sa voix comme le faisait Roger Troutman. Au départ on est destabilisé et aprés plusieures écoutes on se laisse conquérir. Sur "Life Of Da Party" on retrouve deux des rares featurings (crédités tout du moins) de "Ego Trippin". Ce sont les amis de la Bay, Mistah F.A.B. et Too $hort qui s'y collent. La prod' de Scoop DeVille sonne assez South et, comme le titre l'indique, c'est une track pûrement festive. C'est pas le meilleur morceau, mais ça se laisse écouter sans mal. Raphael Saadiq est à la prod' et au feat du trés R&B "Waste Of Time". C'est un peu mou pour moi et j'adhère moyennement. Là on arrive à un morceau qui n'a rien de Hip-Hop, c'est en fait une reprise du groupe funk Morris Day & The Time. C'est bien festif et ça permet de plonger dans un autre univers. A noter que Teddy Riley est encore une fois aux manettes. Avec "Sets Up", les Neptunes pondent un beat assez latino. Pharell est au refrain, même si il n'est pas crédité, et encore une fois on a droit à un morceau festif du plus bel effet. "Deez Hollywood Nights" nous plonge dans un univers assez indescriptible. C'est calssieux et Snoop s'en sort bien sur la prod' sophistiquée de Nottz. "Whateva U Do" est un morceau à la prod' bien synthétique concoctée par Khao. J'avais le souvenir d'un Khao produisant des morceaux assez mielleux, et bien là il m' a surpri. L'ensemble flow-beat-lyrics est plutôt bon ce qui en fait un des titres phares de "Ego Trippin". On replonge dans le Dirty South avec "Staxxx In My Jeans". Le beat épileptique de Rick Rock est du plus bel effet, on a un refrain screwed & chopped à la mode houstonite. Le thème du titre est assez simpliste, mais l'ensemble est plus que correct. "Been Around Tha World" nous fait retourner dans une ambiance plus calme. La prod des Niggaracci est un mélange de piano organique et de synthétiseur et on a droit à un refrain chanté par Latonya "Tone Treasure" Givens (non créditée). Snoop nous conte ses nombreux voyages et, une fois de plus, le résultat est assez efficace. Teddy Riley retrouve la concole pour cet hypnotique et West Coast "Let It Out". C'est du Snoop sur toute la ligne, une sorte de morceau G-Funk modernisé si je puis dire. Avec "My Medicine", on plonge dans une ambiance assez Country. Le titre est produit par Everlast, qui est connu pour avoir eu un beef avec Eminem. C'est pas mal, mais j'ai un peu de mal à accrocher complétement. Et pour nous remettre de nos émotions, on repart dans le Sud avec "Ridin' In My Chevy". Scoop DeVille revient pour délivrer un beat dans la plus pure tradition sudiste. Lyricalement c'est un peu meilleur que "Staxxx In My Jeans" et on se laisse séduire. Quand DJ Quik et Teddy Riley se retrouvent sur la prod d'un beat, ça donne quelque chose de vraiment sweet. "Those Gurlz" est un morceau qui parle évidemment de fifilles et c'est un thème usé au bout de toutes ces années. C'est un bon titre pour se relaxer, mais c'est clairement pas ce que je préfère. Frequency se fend d'un beat encore very sweet sur "One Chance (Make It Good)". Snoop encourage ses auditeurs à faire ce qui leur fait plaisir et glisse quelques messages pour sa femme. Lyricalement c'est pas mal, mais le beat est trop sweet pour moi. On termine ce "Ego Trippin" avec deux morceaux assez mélancoliques. Le premier, qui est aussi mon favori, s'intitule "Why Did You Leave Me" et c'est produit par Hitboy & Polow Da Don. Le refrain de Chily Chil (non crédité) est une pure merveille et Snoop se montre trés surprenant dans un genre auquel il ne nous avait pas habitué. Le second et dernier morceau est "Can't Say Goodbye" avec un gros refrain de Charlie Wlson. Teddy Riley vient conclure son travail titanesque en livrant une prod' mélancolique génialissime. Snoop retrace son parcourt et analyse son évolution en tant qu'homme. Un titre poignant qui vient mettre un point final au neuvième album de Snoop Dogg.

Alors, craintes avérées ou bonne surprise ? Et bien la réponse est bonne surprise, vous l'aurez bien compri. Trés franchement j'y croyais pas et pourtant "Ego Trippin" m'a beaucoup plu. En ce moment j'ai envie d'écouter un Rap différent, un Rap qui explore de nouveaux territoires. Avec cet album, Snoop emprunte cette voie avec brio. Bien sûr il y a certains morceaux qui ne sont pas réussis, mais pour voir que la tracklist comporte ving-et-un titres, je trouve que Doggy Dogg nous livre un produit cohérent et solide. Pour moi, c'est l'album de la maturité pour Snoop et je le trouve bien meilleur que "Tha Blue Carpet Treatment" qui manquait de cohésion. Une pièce de choix donc, qui sera sans doute en bonne position aux Don Skorp Lee Hip Hop Awards 2008.


Notes:

Lyrics: ■■■■[4/5]
Prods: ■■■■[4/5]
Flow: ■■■■[4/5]
Cohésion: ■■■■■ [5/5]
Artwork: ■■■■[4/5]
Résultat: ■■■■ [4.5/5]


[10] [20]
# Posté le mardi 11 mars 2008 23:52
Modifié le vendredi 21 mars 2008 18:30

Rick Ross - Trilla

Rick Ross - Trilla
J'avais bien envie de faire cette chronique, mais j'ai l'ami Skull Bone Skorp Lee qui me met la pression pour que je la lui laisse. Face à tant d'insistance, je me vois obligé d'accéder à sa requête. Et puis, il est plus friand du style de M.I.A.Yayo que moi, donc il sera sûrement de meilleurs conseils. Allez, je te laisse Skull B, bonne chance pour ta première chronique officielle.


Rick Ross - Trilla:

1. Trilla Intro [Produced By J.U.S.T.I.C.E. League]
2. All I Have In This World (ft. Mannie Fresh) [Produced By Mannie Fresh]
3. The Boss (ft. T-Pain) [Produced By J.R. Rotem]
4. Speedin' (ft. R. Kelly) [Produced By The Runners]
5. We Shinin' [Produced By Bink!]
6. Money Make Me Cum (ft. EbonyLove) [Produced By Drumma Boy]
7. DJ Khaled Interlude (ft. DJ Khaled) [Produced By DJ Khaled]
8. This Is The Life (ft. Trey Songz) [Produced By Elvis]
9. This Me [Produced By DJ Toomp]
10. Here I Am (ft. Nelly & Avery Storm) [Produced By Drumma Boy]
11. Maybach Music (ft. Jay-Z) [Produced By J.U.S.T.I.C.E. League]
12. Billionaire [Produced By J.U.S.T.I.C.E. League]
13. Luxury Tax (ft. Lil Wayne, Trick Daddy & Young Jeezy) [Produced By J.U.S.T.I.C.E. League]
14. Reppin' My City (ft. Triple C & Brisco) [Produced By Carlos & Dada]
15. I'm Only Human (ft. Rodney) [Produced By DJ Nasty]


Eh oui, le spécialiste du Rap sudiste c'est bien moi, Skull Bone Skorp Lee. C'est donc tout naturellement que je prends le relai de mon grand ami Don Skorp Lee sur ce coup. Rick Ross, pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore, c'est ce gros bonhomme couvert de tatouages issu des quartiers disons sensibles de Miami. Il était arrivé tel une bombe en 2006 avec son single "Hustlin'", ce qui lui avait permi d'enchaîner dans la foulée avec son premier opus, "Port Of Miami". Cet album tenait bien la route, avec des morceaux comme "Push It", "I'm A G" ou encore "Blow". L'attente de ce "Trilla" était alors grande et on se demandait si le deuxième essai allait être aussi concluant que le premier. Les ventes de "Port Of Miami" ont fait de Rick Ross l'un des rares artistes Def Jam à avoir le soutient de la maison mère. D'abord prévu pour Décembre puis Février, c'est finalement aujourd'hui (11 Mars) que sort "Trilla". L'album est poussé par deux singles, "Speedin'" (ft. R. Kelly) et "The Boss" (ft. T-Pain), qui n'ont bizarrement pas eu le buzz escompté. La question cruciale qu'il faut maintenant se poser est "que vaut réellement "Trilla" ?" Réponse dés maintenant.

Sur "Trilla", Rick Ross s'est entouré de sa garde habituelle au niveau des featurings à l'exception de Birdman et Fat Joe. Niveau prods, des valeurs sûres et des newcomers se côtoient et il faut noter que Cool & Dre ne contribuent pas à cet opus. On commence par une intro assez puissante, "Trilla Intro", dont le beat est concocté par J.U.S.T.I.C.E. League, que l'on retouvera par alilleurs à plusieurs reprises dans "Trilla". Une prod' pûrement "Miami" se fond à la perfection au le flow de Ross, qui lance des shout-outs à ses potes sur toute la longueur du titre (en rime quand même ^^). Puis on enchaîne avec un Mannie Fresh en forme qui produit et pose sur "All I Have In This World". L'instru est sombre, inquiétante et le tout donne un banger hardcore avec des lyrics qui tournent toujours autour des sujets habituels. Voici venir une des grosses bombes de l'album, le deuxième single intitulé "The Boss". Sur une prod' hypnotique de J.R. Rotem, Rick Ross pond un rap à sa gloire, mais c'est bien le refrain et le hook de l'incontournable T-Pain qui donne un vrai relief au morceau. La suite eh bien c'est le first single, "Speedin'" en feat avec l'ami Kells. Les Runners délivrent leur seul beat de l'opus et il est bien marqué par leur style caractéristique, soit du pur synthétique dopé aux amphétamines. R. Kelly pond un excellent refrain et un bon couplet, ce qui vient un peu faire de l'ombre à Ricky Ross. Sur "We Shinin'" on retrouve un producteur qu'on avait découvert sur le "Free At Last" de Freeway, j'ai nommé Bink!. Son style de production est aux antipodes de celui des producteurs de MIAYayo, puisqu'il utilise plus des samples et des sons organiques. Ce titre n'y échappe pas et ça donne ma foi l'occasion de faire une pause avant de reprendre le son lourd. On repart donc avec un "Money Make Me Come" qui revient au style synthétique et violent de Miami. Drumma Boy se charge de la prod' et Rick Ross et épaulé par EbonyLove qui pose des petits adlibs par-ci par-là. Et voici notre DJ favori aka DJ Khaled (^^) qui vient poser un petit interlude. Sa prod est super, sombre et mélancolique, mais lui il sert à rien. Le but du titre étant de sucer la queue de Ross et de gueuler "We Tha Besssss". Mais repartons dans les vrais morceaux avec ce gros et bien puissant "This Is The Life". En voyant que Trey Songz est au feat on pourrait croire avoir notre pot de confiture, mais en fait c'est un titre bien street et Trey se contente de poser un refrain de haute volée. Le producteur, Elvis, est pour le moment inconnu, mais sa prod va probablement lui valoir des journées de travail plus intenses dans le futur. Vient ensuite un "This Me" produit par l'excellent DJ Toomp. L'instru part dans tous les sens et ça rend bien. Ross arrive lui à pas se faire bouffer par le beat et ça donne un bon titre. Et maintenant on plonge dans le pot de confiture la tête en avant. "Here I Am" est le type même du bonbon au miel. Un petit beat de lover, un Nelly et un Rick Ross qui la jouent gentlemen et un Avery Storm qui pose un refrain R&B. Ce mélange indigeste est servi sur une prod' de Drumma Boy. Cette tartine de confiture me laisse un goût amer. Mais là, il faut faire place au Roi Jay-Z sur "Maybach Music". Un beat bien laid back de J.U.S.T.I.C.E. League, un Rick Ross qui fait son truc, mais qui est plus que bouffé par un Jigga épostouflant sans être à son max'. Ross peut au moins se targuer d'avoir Hova sur sa galette. On reste sur du J.U.S.T.I.C.E. League style avec "Billionaire". Le beat est hypnotique et percutant, ce qui permet à Ross de pondre quelques punchlines de qualité sur ce qui est un des meilleurs morceaux de l'album. "Luxury Tax" est la dernière prod' de J.U.S.T.I.C.E. League que l'on trouve sur "Trilla". Aux côtés de Rick Ross, on peut admirer un casting de choix composé de Lil Wayne, Young Jeezy et Trick Daddy. Le morceau est disons "sophistiqué", que ce soit niveau prod' ou niveau lyrics. Tous les invités posent de bons couplets et rendent justice à Ross, qui se retrouve un peu submergé au milieu de tout ce beau monde. On arrive à un morceau que, personnellement, j'adore, "Reppin' My City". C'est un tittre qui rentre dans un genre que j'appelle "a ridin'-fast-on-the-freeway track". Ca va à cent à l'heure et les invités sont pour moi de bonnes découvertes, Triple C et Brisco sortant des couplets qui pour moi font oublier Ross. On finit par un morceau dont le titre, "I'm Only Human", pourrait nous laisser entrevoir un peu d'introspection. Il n'en est rien, puisque Rick Ross reste dans ses sujets de prédiléction, c'est-à-dire lui-même et ce qu'il possède. Le refrain de Rodney est néanmoins magnifique et la prod de DJ Nasty tient la route.

En tant que Skull Bone Skorp Lee, je peux dire que "Trilla" répond à mes attentes. Ces dernières étant des bons bangers made in Miami pour bien se lâcher dans les moments tristes. En définitive, un excellent album pour moi.
Bon Skull B, j'avoue que ta chronique est excellente mon ami, mais je dois étoffer ta conclusion. Je fais juste savoir à ceux n'auraient pas compris que moi, Don Skorp Lee, j'ai repri la parole. Puisque tu fais partie de ma tête Skull B, je ne peux pas te contredire sur le point des bangers, mais j'ai un ou deux bémols à apporter. Si ce "Trilla" est un album qui remplit parfaitement son but, j'aurais bien aimer que Rick Ross prenne un peu de risques. Ce que je veux dire par là, c'est qu'il aurait pu faire un effort pour sortir de la spirale "me, myself & my jewels" ne serait-ce que sur deux ou trois titres. Niveau prods, je trouve l'ensemble de qualité et ça donne du relief aux lyrics pas toujours inspirées de Ross. En fait le problème c'est pas les lyrics, c'est les sujets abordés. Rick Ross se débrouille bien pour parler de lui et de ce qu'il possède, alors je me dis qu'il a les capacités pour parler d'autres choses. En résumé, ce "Trilla" reste un excellent album floridien et remplit bien sa fonction, soit nous apporter du Rap qui péte et qui nous fait pas réfléchir. Pour ça Rick Ross est un maître et il en faut des gens comme ça.


Notes:

Lyrics: ■■■■■ [2/5]
Prods: ■■■■[4/5]
Flow: ■■■■■ [3/5]
Cohésion: ■■■■[4/5]
Artwork: ■■■■■ [3/5]
Résultat: ■■■[3.5/5]


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# Posté le dimanche 09 mars 2008 14:45
Modifié le vendredi 21 mars 2008 18:28

Fat Joe - The Elephant In The Room

Fat Joe - The Elephant In The Room
Fat Joe - The Elephant In The Room:

1. The Fugitive [Produced By Street Runner]
2. You Ain't Sayin' Nothin' (ft. Dre & Plies) [Produced By Cool & Dre]
3. The Crackhouse (ft. Lil Wayne) [Produced By Steve Morales]
4. Cocababy (ft. Jackie Rubio) [Produced By Danja]
5. Get It for Life (ft. DJ Khaled & Pooh Bear) [Produced By DJ Khaled]
6. Drop (ft. Swizz Beatz & Jackie Rubio) [Produced By Swizz Beatz]
7. I Won't Tell (ft. J. Holiday) [Produced By The Hitmen]
8. K.A.R. (Kill All Rats) [Produced By Street Runner]
9. 300 Brolic (ft. Opera Steve) [Produced By The Hitmen]
10. Preacher On A Sunday Morning (ft. Pooh Bear) [Produced By Scott Storch]
11. My Conscience (ft. KRS-One) [Produced By The Alchemist]
12. That White [Produced By DJ Premier]


Depuis quelques années, le nom de Fat Joe est plus lié à la Floride et au beef avec 50 Cent qu'au Rap "made in BX". Pour le premier cas, c'est lui qui a choisi de s'exiler à Miami et de bosser majoritairement avec des producteurs (The Runners, Cool & Dre, DJ Khaled) et rappeurs (Rick Ross notamment) locaux. Ceci n'est en soi pas une mauvaise chose, mais on peut maintenant se demander à chaque album si il a su conserver l'atmosphère street de ses racines ou si il a définitivement adopter le style floridien. Pour ce qui est de ce que je mentionne en second, Joe n'a rien commencé. A l'époque, 50 avait pas apprécié que Joey rappe avec Ja Rule sur "New York" et avait décidé de commencer un beef qui est toujours d'actualité aujourd'hui. On parle en ce moment beaucoup d'un beef entre Joey Crack et Papoose et de la nouvelle tape de 50, "The Elephant In The Sand", dont la cover montre Fat Joe exhibant ses bourlets sur une plage. Mais Joe n'est pas qu'une victime, puisqu'il s'est rendu compte que son nouvel album arrivait et qu'il fallait bien qu'on en parle, donc il a remi de l'huile sur le feu. Mais tout ceci n'est que coup marketing sur coup marketing à mes yeux. Il vaut donc mieux se pencher sur son nouvel opus dés maintenant.

A première vue, on pourrait croire qu'il se fout de nous avec seulement douze titres, mais au final il vaut mieux ça qu'un album de vingt titres qui tourne en rond au bout de quatre morceaux et qui compense avec cinq skits. On attaque donc directement par "The Fugitive", un titre produit par Street Runner. Le beat est bien street avec des sirènes de police par-ci par-là, quelque boucles de piano et la voix samplée d'une chanteuse de soul utilisée de temps à autres dans les morceau. Joey Crack démontre avec ce titre qu'il ne s'est pas totalement éloigné du Bronx. Mais Miami le ratrappe vite sur l'excellent "You Ain't Sayin' Nothin'". Le beat de Cool & Dre est bien dirty, le refrain de Dre met le ton, Plies pose un trés bon couplet et Joe est en pleine forme. On passe ensuite à la traditionnelle collaboration avec Lil Wayne sur un morceau qui devait être le premier single, "The Crackhouse". Le beat est l'oeuvre de Steve Morales et ça sonne dirty et bien synthétique. Weezy a encore ce flow à la limite de la rupture qui fait, aprés tout, son charme. Don Cartagena est lui toujours aussi affamé niveau du flow, même si les lyrics sont pas forcément originales. Et c'est l'homme de l'hombre de Timbo, j'ai nommé Danja, que l'on retrouve aux manettes de "Cocababy". Le morceau est servi par un beat aussi synthétique que ton maillot de basket favori (^^) et c'est vraiment pas mal. L'ambiance n'est pas violente, elle est hypnotique et Joe se fond parfaitement au tout. "Get It For Life" est clairement le titre que je qualifierai de "catch-me-if-you-can track". En effet, on se voit bien rouler à 200 km/h sur l'autoroute avec deux trois potes à notre poursuite en écoutant cette track. Le refrain de Pooh Bear est efficace, la prod' de Khaled est excellente, par contre qui dit prod' de Khaled dit shout-outs de Khaled (we tha besssss ^^). Joey Crack est trés à l'aise sur ce genre de beats et ça s'entend. Et si on se faisait un beat épiléptique à la Swizz Beatz ? Ca tombe bien, on le retrouve à la prod' de "Drop" et on a bien sûr droit à ses shout-outs, qui sont quand même plus agréables que ceux de Khaled. On retrouve la chanteuse Jackie Rubio (déjà présente sur "Cocababy") et un Fat Joe moins en forme que sur les autres morceaux. En résumé, c'est un bon titre, mais il manque un petit peu de punch. Tiens donc, on tombe dans le pot de confiture qui fait des dollars avec ce "I Won't Tell". Les ingrédients sont réunis: une prod' des Hitmen, un refrain du chanteur à minettes J. Holiday et des lyrics ultra-matérialistes de Joey. Le plus surprenant c'est que ça se laisse écouter même si ce morceau est clairement à contre-courrant du reste de l'opus et est, par conséquent, le plus faible. Mais nous revoilà en quatrième vitesse dans le Bronx avec "K.A.R. (Kill All Rats)" qui est un message anti-snitch. Le beat est produit par Street Runner, et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il a ramené un peu de NYC sur "The Elephant In The Room" avec ses deux prods. Et là on arrive au point d'orgue de l'album avec le trés cinématographique et violent "300 Brolic". Le plus surprenant c'est que ce sont les Hitmen qui ont produit ce titre, et ce aprés avoir pondu le bonbon au miel de l'album un peu plus tôt. J'imagine que ça doit être la marque des grands producteurs. Opera Steve livre un refrain magnifique et Crack est enragé comme d'hab'. Avec "Preacher On A Sunday Morning" on a encore un refrain sympa de Pooh Bear, avec un Fat Joe toujours venimeux au possible, mais la prod' de Scott Storch est plus festive que street. Là on retrouve une perle new-yorkaise, puisque Joe se paye le luxe d'avoir un feat. du grand KRS-One sur "My Conscience". Cette performance de haute teneur des deux Emcees (surtout de KRS) est servie par le plus New-Yorkais des producteurs californiens, le seule et unique Alchemist. Et pour conclure, Joey reste dans du légendaire avec une prod' bien old school de Primo aka DJ Premier. On y reconnaît les scratchs si clélèbres de Primo, ce qui permet à Fat Joe de revenir à ses racines le temps d'un titre.

Je me demandais réellement comment ce "Elephant In The Room" allait sonner. Au vue des dernières performances de Fat Joe, je m'attendais trés franchement à un album 100 % "made in Florida"". Alors qu'on ne s'y trompe pas, moi (ou plutôt Skull Bone Skorp Lee ^^) j'adore le Rap de Miami, je trouve juste dommage qu'un rappeur hardcore du Bronx adopte un style qui n'est pas vraiment le sien. Mais à l'écoute de cet album, je suis rassuré puisqu'il sonne majoritairement "New York". Il y a bien deux ou trois titres au parfum floridien, et c'est pas une mauvaise chose, mais Joey reste quand même accroché à ses racines. Le gros point fort de cet opus, c'est bien les productions qui sont toutes à la hauteur. Il faut dire que quand tu as Cool & Dre, The Alchemist, DJ Premier ou encore The Hitmen sur ta galette, t'as peu de chances de te tromper. Le truc que je trouve vraiment dommageable c'est le fait que les lyrics tournent vraimnt en rond. Sur ce coup Joey n'a pas vraiment était trés inspiré, les thèmes majeurs étant comment il va butter celui-ci ou celui-là ou "how hard he is". C'est vrai que ça peut vite devenir saoulant, heureusement il peut aussi parler de ses beaux bijoux et de ses grosses voitures (^^). "The Elephant In The Room" aurait pu être d'un niveau supérieur si Fat Joe avait une plume un peu plus inspirée, parce que niveau flow et (surtout) niveau prods y a pas grand chose à redire. En conclusion, un bon album musicalement parlant, mais pas au niveau dans la majorité des sujets traités.


Notes:

Lyrics: ■■■■■ [2/5]
Prods: ■■■■■ [5/5]
Flow: ■■■■■ [3/5]
Cohésion: ■■■■[4/5]
Artwork: ■■■■[4/5]
Résultat: ■■■■■ [3/5]


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# Posté le mercredi 05 mars 2008 23:39
Modifié le samedi 14 juin 2008 20:55