Je reponds donc à la demande de XX-Ballin50-XX en postant ma première double chronique. L'ami m'a demandé de chroniquer les deux derniers albums de Method Man, "Tical 0: The Prequel" et "4: 21 The Day After". Je vais donc m'y ateler dés maintenant.
Tical 0: The Prequel:
1. Intro (by RZA) [Produced By Yogi & Rich Mae]
2. The Prequel (ft. Street Life) [Produced By Rick Rock]
3. Say What (ft. Missy Elliott) [Produced By Diddy & Tony Dofat]
4. What's Happenin' (ft. Busta Rhymes) [Produced By DJ Scratchator]
5. The Motto [Produced By Lee Stone & Nashiem Myrick]
6. We Some Dogs (ft. Mr. Porter, Redman & Snoop Dogg) [Produced By Mr. Porter]
7. The Turn (ft. Raekwon) [Produced By RZA]
8. Tease (ft. Chinky) [Produced By No I.D.]
9. Rodeo (ft. Ludacris) [Produced By Boogz]
10. Baby Come On (ft. Kardinal Offishall) [Produced By DJ Fafu]
11. Who Ya Rollin Wit' (ft. Street Life) [Produced By Jelly Roll]
12. Never Hold Back (ft. E3 & Saukrates) [Produced By E3]
13. The Show [Produced By Self]
14. Act Right [Produced By Rockwilder]
15. Afterparty (ft. Ghostface Killah) [Produced By Q]
16. Crooked Letter I (ft. Mr. Porter & Street Life) [Produced By Mr. Porter]
17. Ridin' For Outro (ft. Black Ice) [Produced By Yogi & Rich Mae]
Cet album a mis un terme à six ans de silence solo de la part de Mef' aprés son trés bon "Tical 2000: The Judgemet Day". Pour cet opus, Def Jam a imposé tout un tas de contraintes à Johnny Blaze, notamment celle de confier la direction artistique du projet à Harve Pierre, le bras droit de Diddy, pour rendre l'album commercialement viable. Les ventes n'atteindront pas les attentes de Def Jam, le platine étant à l'époque (2004) trop peu. Mef' regrette aujourd'hui ce choix de la maison mère, mais reconnaît qu'il ne pouvait pas refuser.
Ce que je trouve préjudiciable, c'est la quasi absence de RZA à la prod, si ce n'est sur "The Turn". Tout fan de Mef' vous le dira, un album de Method Man sans RZA c'est trés fade. Certes Rockwilder est présent, on a Rae' et Ghostface, mais c'est pas la sonorité Wu-Tang qu'on connaît. RZA on le retrouve sur l'intro, il ne rappe pas et ne produit même pas, pas bien d'intérêt. Le deuxième morceau s'intitule "The Prequel" et c'est produit par Rick Rock. Tical est épaulé par son compère Street Life, qui se contente de deux trois rimes, et il faut reconnaître que les deux sont en forme sur cette prod' aux sonorités éléctroniques. Le "Say What" sonne clairement commercial et on reconnaît bien la patte de Diddy. Missy fait ce qu'elle sait faire, mais je pense que ce morceau irait bien mieux sur un de ses albums. "What's Happenin'" est le gros morceau de l'album, une prod' old school de Scratchator et un Bussa Bus qui fait mieux qu'épauler Blaze, ça sonne vraiment bien. "The Motto" est un des rares titres solos de l'album et ça sonne vraiment comme du Mef'. C'est grimey à souhait et c'est ce que j'attends de la part de Tical. "We Some Dogs" est marrant mais devient trés vite indigeste. Le refrain de Mr. Porter est, comme souvent, affreux et les trois MCs ne font pas longtemps illusion. La seule prod' de RZA, "The Turn", vient mettre une touche de Wu dans ce joyeux bordel. Une combinaison Rae / Mef' ça met tout le monde d'accord. Je note une phase de Mef' qui me fait plaisir: "It's The Riddler / Riddle me this, riddle me that" (ceux qui me connaîssent comprendront ^^). Pour le prochain titre, "Tease", on met les deux mains dans le pot de confiture. C'est R&B commercial au possible, on y retrouve la "chanteuse" Chinky et un Mef' qui joue les lovers du ghetto. Je suis désolé mais c'est mauvais. "Rodeo" est une petite bombe aux sonorités Rock sur laquelle on retrouve une combinaison Mef' / Ludacris de haut vol. Le morceau suivant, "Baby Come On", ajoute une pincée de Ragga par l'intermédiaire de Kardinal Offishall. Le beat est minimaliste, mais refrain et couplets sont trés efficaces. "Who Ya Rollin Wit'", contient une prod' Super Marioesque concoctée par Jelly Roll. Le flow de Tical est ultra-travaillé est vient se poser telle une plume sur le beat. A celà on ajoute un refrain rentre dedans de Street Life et on a un cocktail décapant. Un beat électro-funky de E3, le soutient de Saukrates, c'est pas mal, mais ce "Never Hold Back" devient vite douloureux. "The Show", le second single, est un pur morceau de Rap. La prod' est old school et Mef' est comme un poisson dan l'eau. "Act Right" est dans la lignée des prod' dynamiques de Rockwilder et Johnny Blaze est une fois de plus impeccable. "Afterparty" raconte les délires d'aprés fête de Mef' et Ghostface sur une prod' (trop) soulful de Q, ça fait mal au ventre. On retrouve l'ambiance "made in Denaun Porter" sur "Crooked Letter I" et c'est toujours pas ça. Mauvais refrain de Mr. Porter, les flows de Mef' et Street Life en prennent un coup et on a entendu mieux niveaux lyrics. L'outro sert de terrain de jeu pour Black Ice, sans contribution de la part de Tical.
On peut pas dire que "Tical 0: The Prequel" soit fondamentalement mauvais, mais on ne peut pas non plus dire qu'il soit fondamentalement bon. Ce résultat en demie teinte peut s'expliquer par la volonté de Def Jam d'imposer des choix trop commerciaux à Mef'. L'idée d'impliquer Harve Pierre dans la directon artistique était, par exemple, loin d'être brillante. On est aussi débousolé à cause d'une certaine absence de repères sonores. En effet, une prod' de Rockwiler et surtout une prod' de RZA c'est bien trop peu pour un album de Method Man. Quand on voit qu'à côté de ça on est "gratifié" de deux prods assez mauvaises de Mr. Porter, on se pose des questions. Certains comme Jelly Roll ou Rick Rock arrivent à tirer leur épingle du jeu, mais dans l'ensemble c'est bien le côté productions qui pêche. C'est vraiment dommage, mais Def Jam a plombé un projet qui mérittait bien mieux.
4: 21 The Day After:
1. Intro [Produced By RZA]
2. Is It Me [Produced By Scott Storch]
3. Problem [Produced By Erick Sermon]
4. Somebody Done Fucked Up [Produced By Havoc]
5. Shaolin Soldier (Skit)
6. Fall Out [Produced By Kwame]
7. Dirty Mef (ft. Ol' Dirty Bastard) [Produced By Erick Sermon & Mathematics]
8. 4:20 (ft. Street Life & Carlton Fisk) [Produced By RZA & Kinetic]
9. Let's Ride (ft. Ginuwine) [Produced By Mr. Porter]
10. The Glide (ft. Raekwon, U-God & LA The Darkman) [Produced By RZA]
11. Kids (Skit)
12. Got To Have It [Produced By Erick Sermon]
13. Say [Produced By Erick Sermon]
14. Ya'Meen (ft. Fat Joe & Styles P) [Produced By The Chairman Of The Boards]
15. Konichiwa Bitches [Produced By RZA]
16. Everything (ft. Inspectah Deck & Street Life) [Produced By Mathematics]
17. Walk On (ft. Redman) [Produced By Versitile]
18. Pimpin' (Skit)
19. Presidential MC (ft. Raekwon & RZA) [Produced By RZA]
20. 4 Ever (ft. Megan Rochell) [Produced By Kwame]
Mef' nous avait donc quittés sur cet album mi-figue mi-raisin et c'est avec un devoir de remonter la barre qu'il nous est revenu en 2006 avec ce "4:21 The Day After". Première constation, Def Jam continue ici son entreprise de démolition débutée sur "Tical 0: The Prequel". En effet, l'album n'a connu quasiment aucune promotion et il y a pire puisqu'aucun clip n'a été tourné !!! On retrouve là toute la politique de Def Jam qui préfère se concentrer sur des artistes dits "bankables" plutôt que sur des rappeurs au talent reconnu des puristes, mais pas (ou plus) de la masse. Dans le cas de Tical, on dira plutôt "plus" puisque la masse qui supportait Mef' à la grande époque est beaucoup moins influente aujourd'hui que ne peut l'être celle qui raffole des Chris Brown, Rihanna ou autres T-Pain (no diss to 'em). En résumé, pourquoi mettre du blé sur quelqu'un qui en rapportera pas ? C'est cruel, c'est moche, mais c'est ce qu'on appelle "The Industry". Pour ce qui est de l'album, on est déjà rassuré de voir un retour massif de RZA à la prod', ainsi que de constater qu'Erick Sermon apporte sa contributon. Reste donc à savoir ce que ça donne dans les amplis.
On commence par une intro digne de ce nom avec une prod' trés Wu-Tang concotée par le seul et unique RZA. Ceci constitue un terrain de jeu idéal pour un Mef' remonté à bloc. "Is It Me" est un des titres phares de l'album où Scott Storch quitte son style floridien pour délivrer un beat à la boucle de piano cassé trés efficace sur lequel Blaze montre qu'il est de retour aux sources. "Problem" poursuit dans cette voie avec un beat qui respire les rues de NY et, encore une fois, Meth-tical excelle. "Sombody Done Fucked Up" sonne comme du Mobb Deep, normal puisque Havoc est aux manettes. C'est street, c'est bon, c'est du Method Man. Aprés un "Shaolin Soldier (Skit)" sans intérêt, on tombe sur un "Fall Out" ultra-puissant à l'ambiance mystiquo-shaollinesque mise en son par le beat synthétique de Kwame et le flow chirurgical de Tical. La "old school vibe" revient sur "Dirty Mef" où l'on retrouve feu ODB pour un duo anthologique, duo que Mef' n'avait jamais réussi à obtenir sur un de ses solos quand ODB était encore vivant. "4: 20" est un hymne à la fumette. Ne fumant pas de weed moi même, je ne peux pas être touché par les lyrics, mais force est de constater que l'ambiance "dirty" créée par Mef', Street Life, Carlton Fisk et le beat de Erick Sermon & Mathematics me plait bien. Aprés cette ambiance bien grimey, il fallait bien qu'on arrive à la première fausse note. Ce bonbon au miel se nomme "Let's Ride", c'est produit par Mr. Porter (au secours) et on retrouve le "chanteur" Ginuwine (au secours bis) au refrain. C'est bien mignon mais ça a rien à foutre ici. On revient heureusement vite aux choses avec "The Glide". Ce beat trés cinématographique met en scéne un casting impressionant composé de RZA (à la prod'), Mef', Raekwon et LA The Darkman (au mic) et ça fait mouche. Le "Kids (Skit)" n'a, encore une fois, pas bien d'intérêt. "Got To Have It" a des faux airs de West Coast si je puis dire, ce qui apporte une ambiance plus légère qui permet à Johnny Blaze d'énumérer toutes les choses qu'il désire obtenir. C'est pas mauvais, mais je suis pas emballé. Au début, je n'étais pas convaincu par "Say", mais, à force d'écoutes, je me suis laissé convaincre. La prod' d'Erick Sermon est mélancolique et permet à Tical de s'ouvrir. A noter que le refrain est un sample de Lauryn Hill et pas un feat. comme ça a souvent été dit à tort. "Ya'Meen" est une des grosses bombes de l'album. On y retrouve le Floridien Fat Joe (c'est ce qu'il est devenu quoiqu'on en dise) qui retrouve ici ses racines et qui se fout pas de Mef' en posant un couplet dément. L'autre invité est celui que je considère comme le meilleur Emcee de NYC (Jay, Nas et le Wu étant aujourd'hui plus grand que le Monde lui-même), j'ai nommé Styles P qui est égal à lui-même. "Konichiwa Bitches" est un délire de Mef' sur les groupies japonnaises, mais le contenu de la song n'a rien à voir avec ça puisque c'est un titre qui sort des trippes et c'est orchestré par RZA. Retour à du bien street sur "Everything", avec un gros refrain de Street Life et une grosse perf' de Inspectah Deck et du Ticallion Stallion, tout ça sur un beat parfait de Mathematics. On a droit à la traditionnelle collaboration avec Redman sur "Walk On". Des petits riffs de guitare, une grosse batterie, des flows ralentis, c'est pas mauvais, mais c'est pas tanscendant. Passé le "Pimpin' (Skit)" inintéressant au possible, on arrive à une petite merveille. Cette dernière a un nom, c'est "Presidential MC". On retombe dans une ambiance Wu-Tang comme on aime avec une grosse prod' de RZA, qui pose aussi un gros couplet tout comme Raekwon et Masta Meth. On termine l'album par un bonbon au miel, "4 Ever", où l'on retrouve une crécelle au refrain (Megan Rochell). Il y avait de l'idée dans le beat de Kwame, mais elle ne s'est pas développée correctement. Dommage que ça finisse comme ça.
Au final, il est certain que "4: 21 The Day After" a remonté une barre que "Tical 0: The Prequel" avait baissée. Fini le méchant Harve Pierre et la bande à Diddy, le volant de l'éxécutif a été repri par la famille (RZA, Erick Sermon et Mef' lui-même). Alors on pourrait croire que cet album est sorti en indépendant, la couleur musicale nous le montre bien. Ce qui nous rappelle bien que Tical est toujours chez Def Jam, ce sont les deux bonbons au miel dont je vous ai parlés, ça ça trompe pas. Ces deux morceaux sont totalement hors de propos et ils viennent quelque peu entâcher un album pourtant bon. C'est ce qui me fait dire que Mef' devrait changer de label et la jouer indépendant, parce que là c'est le laissé pour compte de Def Jam. Alors je crois que "Crystal Method" va sortir sur l'Ile du fric (Island Of Def Jam ^^), mais j'ai bien peur que son sort ne soit guère différent de celui de "4: 21 The Day After". Dommage, parce qu'un Mef' libre c'est un Mef' qui défonce tout, on l'a vu avec les deux premiers "Tical". Pour conclure, "4: 21 The Day After" a remonté la barre, mais il n'est pas au niveau de "Tical" et "Tical 2000: The Judgement Day". Sur ces deux là, Method Man faisait du Method Man sur tous les titres et c'est ça qui est vraiment bon.
Tical 0: The Prequel Vs 4: 21 The Day After:
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Prods: Tical 0: The Prequel <<< 4: 21 The Day After
Artwork: Tical 0: The Prequel <<< 4: 21 The Day After
Cohésion: Tical 0: The Prequel <<< 4: 21 The Day After